Lundi 16 février 2009

Le mépris et la grossièreté semblent être les marques de fabrique du gouvernement bling bling, nouvelle forme d'exercice du pouvoir en France. Au début appelé “droite décomplexée”, ce comportement s'apparente plus à la beauf attitude assumée. Le prototype du beauf du XXI ème siècle n'est plus le mec au catogan gras et au marcel des 80's qui roule dans une R19 tunning (aujourd'hui c'est juste un pauvre de n'importe quelle banlieue ravagée par le chômage), aujourd'hui le beauf, c'est le bling bling. C'est l'avidité face au gain, face au pouvoir, cette admiration malsaine de la réussite par les signes extérieures de richesse. Quelle différence entre un jeune de banlieue qui place sa fierté dans les jantes de sa voiture et sa casquette en faux vuitton, et l'homme politique qui tape un sac vuitton à Troye pour sa femme (link) et affiche une passion certaine pour tout ce qui brille ? Quelle différence entre la détestable petite racaille qui apostrophe les passants au son d'un joyeux « bâtard de ta mère » dans le métro, et le type en costard kenzo trop grand pour lui qui donne d u « casse toi pauvre con » (link) ou du « descend ! » (link) à un pêcheur qui l'interpelle sèchement ?


La France qui a voté Sarkozy, c'est celle des smicards qui préfèrent prendre un crédit sur 7 ans pour se payer un écran plat plutôt que d'améliorer le quotidien. C'est cette France qui vit dans un taudis mais affiche sur le parking de l'école une grosse cylindrée allemande. Cette France qui a décidé de bouffer des pâtes pour se chausser chez Nike. La France qui a voté Sarkozy, c'est cette France qui voit dans les signes extérieurs de richesse une forme de réussite, sociale et individuelle. C'est cette France qui crache sur son employeur mais rêve d'être à sa place. La France qui vote Sarkozy, c'est celle de l'ignorance, qui méprise au plus haut point la culture, à l'image de son président qui a réussi à mettre les bastions de la droite universitaire dans la rue. Les battle dress d'Assas et les pré carriéristes de Dauphine sont en grève pour la première fois de leur histoire. Le discours tenu par Nicolas Sarkozy devant les chercheurs est monstrueux de grossièreté et de mépris (link), et pourtant les services de l'Elysée n'ont pas hésité le mettre en ligne tel que prononcé (link)... Prenez-donc ceci dans la gueule, nous n'en sommes pluis à cela près. Après avoir insulté la justice, l'armée, les travailleurs, violé la Constitution, nous ne somme plus effrayés par quelques chercheurs. En somme ce sont les piliers de l'Etat que le gouvernement bling bling ébranle, notre éducation, notre sécurité, notre justice. La couleur était donnée d'emblée pourtant, le soir même de son élection, Sarkozy fêtait ceci au fouquet's avec quelques patrons du CAC 40. Y'a pas plus bling bling, la poudre aux yeux, c'est le gouvernement à court terme, la non réflexion dans l'immédiat et donc la catastrophe à long terme. De son hôtel 5 étoiles, en vacances à Rio, le Président assurait aux Français qu'il savait que la vie est dure. Oui, on ne loge pas un chef d'état dans un formule 1, mais dans ces conditions, celui-ci devrait avoir la bienséance de s'abstenir de telles remarques. Le 13 Février, sur France 2, dans « les 4 vérités », Jacques Séguéla, un autre gauchiste qui a viré sa cutie, défendait le droit fondamental de posséder une Rolex (link). Si à 50 ans on ne possède pas de rolex, on vraiment raté sa vie. Nos dirigeants, leurs conseillers et leurs amis ont bien la même vision de la réussite que les petites frappes de Seine Saint Denis. Entendre de telles choses alors que tout le monde n'a que le mot « crise » à la bouche a quelque chose de révoltant. Le prix d'une rolex « premier prix », c'est 4000€ soit le revenu mensuel d'un foyer des classes moyennes, un couple de profs par exemple.


Un peuple peut être insensible à la ruine méthodique de ses institutions, mais lorsqu'il est méprisé la réaction peut être violente. Le mépris se ressent physiquement, dans toutes les classes sociales, du métallo de Gandrange qui voit son usine fermer (le Président semble ignorer que dans une fonderie, la fermeture d'un four, c'est 400 emplois supprimés, un haut fourneau, c'est pas un four à pizza), au cadre qui voit son pouvoir d'achat fondre et son master avoir autant de valeur que le BEP d'un smicard. Il est trop facile de brocarder la grogne sociale en l'étiquetant « ultra gauche », ou « terroriste ». Le métallo de Gandrage c'est tout sauf un terroriste, le prof c'est peut être un sale communiste, mais sûrement pas un plastiqueur de trains. On est tous des métallos, des profs, des infirmières, des cadres, des officiers de polices, des soldats du rang, des juges, des avocats, des caissières, exploités, méprisés, mais en colère. Tout devient une question de seuil de tolérance, et bien que je ne sois pas fana des sondages, le fait que la popularité du Nabot (dixit De Villepin) ait baissé de 9 points au lendemain de son intervention « face à la crise » nous montre que ça ne prend plus. Plus personne n'est dupe, la crise n'est que le produit de la folie de ces hommes là, et nous en sommes tous victimes.

 


Par thinredline
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 11 février 2009
Au hasard d'errances hertziennes, ou plutôt numériques, soyons modernes, je tombe sur ce qui semble être l'archétype de la culture des jeunes, disons des 16-30 ans d'aujourd'hui. Monument des mass médias, purement récréatifs et abêtissants, car ne nécessitant aucune réflexion, ce type bien particulier de télé réalité à l'eau de rose qui prétend décortiquer les relations humaines en ce qu'elles ont de plus complexe. En ce qui nous concerne, enfin, ce qui concerne le public ciblé, la complexité est inversement proportionnelle au tour de poitrine des « candidates ». Poitrine qu'elles n'hésitent pas à exhiber en guise d'argument intellectuel, l'avenir de la relation entre le « lot » et les candidats étant subordonné à la question de savoir si elle est « bonne » et si c'est « beau gosse ». Nous ne nous étendrons pas sur la superficialité des rapports ainsi érigée en norme absolue des rapports sociaux, en somme la déshumanisation de ce qu'il y aurait de plus humain. Ces versions trash et porno soft de « tournez manège », comme quoi les jeunes n'ont rien inventé, se déclinent en plusieurs concept présentant une variable « drôle » pour ne pas ennuyer le public. Le belle mère auditionne le prétendant pendant que le père charge son SW calibre .500 pour bouter hors de son toit l'impétueux qui voudrait déflorer sa fille qui fréquente assidûment l'église, la fausse complicité entre les prétendants à la Next, ou encore « exposed » où les prétendants sont reliées à un détecteur de mensonges à leur insu (puisqu'on vous dit que c'est possible, c'est Murdoch qui le dit).

Ne poussons pas plus loin la dissertation sur l'existence même cet abysse de la non pensée, degré zéro de la créativité. Ce qui devient passionnant, c'est ce qui s'y dit. Ces jeunes gens en viennent à dialoguer, les producteurs se disant qu'il apporteront une honorable caution à la superficialité du concept. Ils parlent donc, pour mieux se connaître, parlent de leurs passions (j'aime aller en boîte, j'aime lever des poules, j'aime ma voiture et les flingues), et parfois ils parlent même de politique si j'en crois ce que j'ai pu apercevoir entre deux flash info. Il semblerait que nos amis d'outre atlantique soient persuadés que l'immigration illégale soit la source du réchauffement climatique. Ils parlaient de ce ce sujet qui semblait les préoccuper avec le plus grand sérieux. L'émission ne relevait pourtant pas du concept malsain de caser un attardé avec une star du porno local, mais bien deux jeunes américains moyens, dynamiques et qui de surcroît fréquentent l'université. Nous avons donc face à nous le désagréable spectacle de la normalité supérieur américaine qui disserte sur une corrélation positive entre immigration illégale et réchauffement climatique. Katrina, c'était sûrement un coup des chicanos qui puent le buritos.

La question est donc maintenant de savoir si l'humain est un animal naturellement bête à bouffer du foin, et c'est encore faire peu de cas de l'intelligence des bovidés, ou si l'emprise de la société du tout média réussi à persuader les masses des pires aberrations. Conjuguer le préjugé raciste à des peurs post millénaristes et apocalyptiques, car c'est bien cela qu'on nous promet avec le réchauffement climatique, revient à établir un lien de cause à effet faisant de l'étranger le cavalier de l'Apocalypse, sa présence en terre pure devenant une menace pour la survie du monde, ou du moins de notre sacro-saint « modèle de vie ». L'abêtissement général, dans une société en mal de repère et en repli sur la spiritualité, il n'y a qu'à voir le succès du coaching, des sectes new age, ou des prédicateurs évangelistes, prend son plein essor, la question est donc de savoir Qui. Qui en est à l'origine, qui décide un jour d'user du levier des mass médias pour bourrer le crâne de 300 millions d'américains. Une approche virologique peut nous indiquer une contagion d'un média à un autre, d'un groupe à un autre, le « scoop » étant à la base une curiosité, et face à son succès au sein de la masse stupide le diktat de l'audimat et du sensationnalisme conduit à l'entretenir.

Voilà comment on crée une croyance de toute pièce, enfin « on », cela ressemble plus à de la génération spontanée, et les croyances sont pure produit de la société qu'elles habitent. Du bug de l'an 2000 aux sans papiers qui ruinent le climat il y a un dénominateur commun : la peur. On est au dessus de la peur « individuelle » qui pousse mamie à voter Républicain, ou pour Le Pen dans nos contrées à peine plus civilisées, les composants du corps social n'ont pas seulement peur du petit Mohammed (ou Latrell) qui va venir brûler leur véhicule, ceux-ci sont intégré dans un sentiment global et diffus. Sentiment justifié : quand dans des siècles (ou quelques semaines), des formes de vie exogène se pencheront sur les ruines de nos civilisations elle n'auront plus que des épisodes de next ou exposed pour tenter de savoir comment vivait la civilisation qui squattait la planète avant extinction totale ou retour à l'âge de pierre. Cette perspective est franchement effrayante, n'est-ce pas ?
Par thinredline
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 26 janvier 2009

Retour aux affaires intérieures. L'UMP a décidément de la suite dans les idées. Après la volonté affichée de limiter le droit d'opposition parlementaire, voilà Frédéric Lefebvre, porte parole du parti et député non élu, qui exprime la volonté de “sanctionner l'abus de grève”. Le Tsar Kozy de Naguy Bosca avait déjà exprimé sa satisfaction « quand il y a une grève, les français ne le voient plus ». Sous entendu, la grève ne pénalise plus que les grévistes qui perdent une journée de salaire. La revendication devient invisible à la rue, et l'opposition muselée au Parlement. On confine les grévistes chez eux, on empêche les parlementaires d'amender ou de poursuivre le débat. Comprenez « pratiquer l'obstruction parlementaire » dans la bouche de M. Lefebvre, qui par ailleurs ne prend pas la peine de siéger au Parlement, de son aveu même ça ne sert à rien. Et nous serions bien présomptueux de le contredire, nos assemblées sont de simples chambres d'enregistrement et le magouillage permanent de la carte électorale maintient structurellement le Sénat à droite, comme cela, nous sommes surs de faire passer un peu tout ce que l'on veut. Sachant aussi que c'est encore Nicolas qui tient les rennes de l'UMP et donc les investitures aux législatives. Un député qui tient à garder son siège, a tout intérêt à être sarkozystes. Et Dieu sait que nos députés cumulards feraient tout pour ne pas perdre leur indemnité la plus juteuse.


Cette petite, mais salutaire, digression pour dire tout simplement que si légifération il doit y avoir sur les sanction d'un « abus de grève », ça passera comme une lettre à la poste -ou une lettre à la poste avant qu'on ne la privatise, mais c'est une autre question. Versant dans un populisme de plus en plus crasse, M. Lefebvre déclare à la presse "Regardez la réaction des Français à la gare Saint-Lazare : s'il y n'avait pas eu abus, il n'y aurait pas eu réaction violente" (AFP/Le monde). C'est vrai qu'il est abusif pour le personnel des transports publics de se mettre en grève à l'heure où des mômes de 13 ans tabassent des chauffeurs RATP à coups de crosse, où d'autres mettent le feu à des bus, et où des passagers attendent les cheminots sur les quais pour tabasser justement ces « sales grévistes ». Si des minables populistes n'excitaient pas les français contre les « grévistes qui prennent la France en otage » (comme on peut l'entendre au JT de 13h de M. Pernault), peut être que ces gens ne cesseraient pas de travailler parce qu'on vient leur taper dessus. Peut être. ''Les pouvoirs publics sont dans leur rôle quand ils veulent protéger le droit de grève en luttant contre les abus". C'est un peu comme quand l'UMP taxe de Stalinistes anti démocrates les signataires de l'Appel de Marianne appelant au respect des institutions. Oui, voilà « le monde à l'envers » on dit.


La France est une République en état de bananisation avancée. Tenez, encore aujourd'hui, le site bakchich.info révèle une note du parquet dans l'affaire des frégates de Taïwan. L'agent ripoux de la DGSE dans l'affaire clearstream avait révélé sur le plateau de Paul Amar que les comptes de M. Sarkozy visés dans les listings abritaient des rétro commissions non déclarées dans la vente des frégates. Après cette émission, on a guère aperçu M. Lahoud dans les médias (ou lémédia puisque nous parlons de Paul Amar). Ce qui est intéressant, c'est que des éléments de l'enquête visaient Sarko 1er, le parquet a décidé de laisser tout ceci de côté. ''Fin 2007, le parquet de Paris rédige un rapport sur les commissions versées par la DCN sur des marchés étrangers. Où les noms de Nicolas Sarkozy et Nicolas Bazire apparaissent dans la formation de deux structures luxembourgeoises ayant servies à verser ces commissions. Prudemment, le procureur de Paris suggère d’écarter cet aspect du champ de l’enquête, ouverte en mars 2008.''


Voilà qui est dit.


Parlement et autorité judiciaire étant soumis, la presse appartenant à des amis personnels du président, la France fait pâle figure pour saluer la sortie de l'ère du clientélisme Bushiste à Washington. Et encore, je ne vous ai pas parlé de l'accusation d'appartenir à l'ultra gauche autonome qui peut vous envoyer en garde à vue pour 96 heures et en détention provisoire sous des chefs d'accusation de terrorisme pour avoir brûlé une voiture par exemple. Vous ne me croyez pas ?


''mercredi à Paris sous le régime de la justice antiterroriste dans une enquête portant sur la tentative d'incendie de deux voitures, apprend-on de sources policière et judiciaire.

Les suspects, un homme de 28 ans et sa compagne de 30 ans, intéressent la section antiterroriste du parquet de Paris en raison d'une suspicion de lien avec les personnes poursuivies pour les sabotages commis le 7 novembre contre les caténaires de la SNCF, membres supposés de "l'ultra-gauche".

Ils ont été arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi alors que, selon les policiers, ils tentaient de mettre le feu à deux véhicules, non loin de leur domicile du XIXe arrondissement. Tous deux étaient en état d'ébriété.

Lorsque les policiers ont découvert que le jeune homme était connu de la police pour "avoir manifesté activement son soutien à Julien Coupat", principal suspect de l'affaire de la SNCF, la section antiterroriste de la brigade criminelle a été saisie.

La procédure d'exception - qui permet notamment une garde à vue de quatre jours contre deux dans le régime de droit commun - est aussi justifiée car la jeune fille travaillerait selon la police dans un cabinet défendant des membres de la mouvance dite "anarcho-autonome".

(Le Monde / AFP)


Je vous laisse admirer, je crois que tout ceci se passe de commentaire.


Par thinredline
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 17 janvier 2009

La guerre des images importe tout autant que les combats à l'arme lourde, surtout en ce qu'elle conditionne les suites du conflit. Les Georgiens l'ont bien compris en Août dernier, leur propagande de guerre ayant conduit Kouchner à reprendre des accusations de génocide au 20 heures sur le service public, et laissé penser que les Russes étaient prêts à prendre la Capitale d'une minute à l'autre. L'opération plomb durci à Gaza n'échappe pas à cette règle, et il faut constater aujourd'hui que les Hamas, et les palestiniens au sens large, ont su se montrer meilleurs communiquants qu'Israël. Là encore, pas de prise de parti, une analyse que je voudrais la plus objective possible sur les techniques de communication en temps de guerre appliquées au conflit en cours.


Pourtant, Tsahal avait tout fait pour éviter ceci, le black out organisé autour de Gaza n'a permis au chaînes d'information en continu de ne diffuser que de lointaines images d'explosions et panaches de fumée, faisant plus penser à des célébrations du 14 Juillet qu'à une incursion armée dans un territoire autonome. Les seules images ayant filtré de l'intérieur, de « sources palestiniennes » sont d'un tout autre acabit. Quelques images des destructions matérielles, essentiellement celles concernant des quartiers d'habitation, mosquées et cimetières et autres écoles (ou tas de gravats fumants présentés comme une « école » par les témoins). Des victimes, on voit beaucoup de civils, surtout des enfants. Les images seules nous apprennent donc que les victimes des combats seraient à 90% des enfants. Aucune image d'un militant du Hamas en armes et canné sur le bord d'une route n'a filtré. A croire que les raids n'ont fait « que » 1000 victimes, et exclusivement civiles donc. Les seules images de membres du Hamas que l'on a pu voir sont celles d'enterrements de leaders portés par la ferveur populaire.


Seconde point sur le quel le Hamas s'est montré fin communiquant, ce sont ces fameuses armes au phosphore blanc. De vraies saloperies ces trucs là. Seulement, le phosphore blanc, sert aussi de fumigène, et pas seulement d'arme incendiaire. L'utilisation d'obus chimiques à des fins incendiaires contre des civils est une accusation extrêmement grave, on parle d'un crime de guerre ici. Or l'utilisation de telles armes n'a pas pu être confirmé autrement que par des « sources palestiniennes ». Le CICR lui même s'est refusé à tout commentaire arguant que la Croix Rouge ne disposait d'aucune preuve de l'utilisation de ces armes contre des civils (rapporté par Rue89 qu'on ne saurait accuser de comportement pro sioniste). En termes de communication de guerre, ce type d'affirmation est redoutablement efficace, surtout lorsqu'elle est accompagnée de détails tous plus horribles les uns que les autres. « It peels skin from the body ». La comparaison avec l'utilisation du napalm a été faite à maintes reprises, faisant remonter ces images de la guerre du Vietnam, de cette petite fille à la peau brûlée qui fuit son village en courant pour échapper au raid des F-4 américains. Si ces faits sont confirmés, Israël devra répondre de ce crime horrible devant la justice internationale, mais en attendant, il peut très bien s'agir de pure propagande de guerre, ou bien d'affabulation autour de l'utilisation de simples fumigènes.


Il est également souvent fait mention de tirs sur des « écoles de l'ONU », cette rhétorique est d'une efficacité sans faille. Ici c'est l'innocence incarnée qui est victime du monstre sioniste. Les enfants, dans un lieu des plus sacrés pour l'occident : l'école. Ensuite les Nations Unies, qui malgré leur inefficacité crasse, restent un symbole fort de paix. Écoutez les informations, il ne se passe plus une journée sans que Tsahal ne rase une « école de l'ONU » depuis l'émoi soulevé par le bombardement d'un de ces établissements la semaine dernière. Tsahal a affirmé que des militants du Hamas s'étaient réfugiés dans ces bâtiments et pilonnaient leur position au mortier, l'ONU a nié, ensuite ce fut le black out total sur cette affaire. L'enquête devrait se faire discrète... Une dépêche, que l'on peut trouver dans les archives de chaînes d'info américaines, citant Associated Press donnent un autre son de cloche :


GAZA CITY, Gaza (AP) - Residents of a Gaza neighborhood are
confirming Israel's claim that Hamas militants had opened fire from
the cover of a U.N. school where hundreds of Palestinians had
sought refuge.
Israeli forces fired back with mortars, and hospital officials
says three dozen Palestinians were killed.
Two residents say a group of militants had fired their mortars
from a street near the school, then fled into a crowd of people in
the streets. The Israeli army says two of the dead were militants.
It accuses Gaza's Hamas rulers of "cynically" using civilians as
human shields.
Gaza health officials say a total of 70 Palestinians have been
killed today, with just two confirmed as militants. A top U.N.
officials is calling for an investigation into the mounting
civilian death toll.
Meanwhile, Israeli ground forces have been edging closer to two
major towns in Gaza, despite international criticism over civilian
deaths and diplomatic efforts to broker a cease-fire.

 


(google est votre ami, ici repris par WKYT, filiale de CBS mieux référencé que les autres semble-t-il donc : http://www.wkyt.com/home/headlines/37163864.html )


Lors de seconde intifada des miliciens se servaient d'ambulances pour transporter roquettes et soldats, ce qui a fourni un cynique excuse aux troupes de la Coalition en Irak pour allumer les « convois sanitaires suspects ». Tiens donc... C'est comme cela que les GI's ont massacré l'équipe qui exfiltrait un agent secret italien fraîchement libéré. Mais nous nous égarons. La vérité est sûrement bien différente des deux versions présentée. La communication du Hamas s'est donc montré efficace au point que l'opinion publique internationale est prête à croire que Tsahal bombarde délibérément des écoles de l'ONU pour le plaisir de faire un carton, mais rend impossible à l'esprit occidental moyen l'idée qu'une organisation terroriste se serve d'enfants comme boucliers humains. La stratégie du black out des images orchestrée par Tsahal est donc un échec retentissant, l'absence totale d'information donnant automatiquement tout crédit aux informations venant d'en face, car seule source d'information.


Mais cette stratégie de Tsahal confinant l'opinion publique à imaginer les israéliens comme des monstres faisant ressortir chez les plus bêtes l'image du juif au gros nez, yeux injectés de sang et mains crochues mangeant des enfants, n'est peut être pas innocente. Là où des armées vantent leur professionnalisme, leur technologie, leur action dans le maintien de la paix, Israël table tout sur le capital peur et l'image d'invincibilité de Tsahal. Il faut faire peur aux pays arabes, et surtout aux populations pour dissuader toute forme de résistance. La guerre des six jours a ancré ce mythe d'une armée invincible, et si celle-ci peut se montrer impitoyable l'effet n'en est que plus important. Laisser l'ennemi parler, montrer ses images, et dérouler sa propagande qui grossit forcément les faits pour s'attirer la sympathie de l'opinion (et donc poser la réprobation sur Israël), c'est aussi le laisser montrer de façon consciente que Tsahal est bien ce monstre impitoyable, et laisser les autres états tentés de se joindre au conflit faire dans leur froc. Moshe Dayan a laissé entendre qu'il était prêt à utiliser l'arme nucléaire pendant la guerre du Kippour, mythe ou réalité, ceci a entretenu le capital peur dont bénéficie Israël pendant de nombreuses années. L'attaque de Gaza relance la machine, en avertissement aux Iraniens, à la Syrie et au Hezbollah toujours prompt a mettre en avant sa victoire de 2006 sur Israël.


Nous pouvons donc conclure que la communication israélienne est entièrement tournée vers ses ennemis, nous sommes face à une propagande de guerre uniquement centré sur des objectifs militaires à moyen terme. La communication de guerre du Hamas, elle, est adressée à la communauté internationale dans son ensemble, elle vise à augmenter ce fameux capital sympathie dont bénéficie la population martyr des territoires, et à faciliter les suites de la guerre, à mettre la pression sur l'Etat hébreu. Cette vision chirurgicale du conflit ne doit cependant pas nous faire oublier que derrière les images, les enfants démembrés sur les routes de Gaza City, eux, sont bien réels et sont l'objet d'une guerre et d'une propagande dont ils se seraient bien passés.

Par thinredline
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 9 janvier 2009
*touss touss* hmm, c'est poussérieux ici dites-donc... Bon j'vais faire le ménage, virer les quelques articles à deux francs-six-sous qui traînent... voilà, c'est fait.  Bon, si je me mettais à bloguer sérieusement ? Ouais je sais je l'ai déjà promis, mais à ma décharge, je dirai que les promesses n'engagent que ceux qui les font, surtout en terme de régularité de publication sur un blog, hein.

La vacuité du ballet diplomatique qui se joue actuellement ne peut que faire rire l'oeil averti et non dénué d'un certain cynisme. Notre hussard de président veut la paix et un cessez-le-feu, et montrer à nos « amis Israéliens » ce qu'est la raison. Et nos médias s'indignent de la perte tragique de centaines de civils. Ont-ils oublié ce qu'est une guerre et ce que cela signifie dans toute son horreur ? Nous avons trop été habitués aux frappes chirurgicales en live sur CNN avec un expert militaire en encadré pour nous expliquer que nous sommes en train de voir les images prises par la caméra embarquée d'une arme tactique à guidage satellitaire qui s'apprête à s'abattre sur un dépôt de munitions. Gaza nous rappelle qu'une guerre ressemble plus à des colonnes de blindés appuyées par un feu nourri d'artillerie et une couverture aérienne massive. Qu'une guerre est le nettoyage systématique de chaque secteur présentant une menace pour ses propres troupes et sa propre population. L'objectif d'une guerre est la neutralisation totale des capacité vulnérantes de l'adversaire, et pour y parvenir, il vaut mieux que ce soit l'ennemi ou sa population qui en pâtisse. Le général Patton disait que le but d'une guerre n'est pas de mourir pour sa patrie, mais de faire en sorte que son ennemi meure pour la sienne.


Une guerre est d'autant plus terrible lorsque derrière les enjeux tactiques se cache la volonté d'une nation à restaurer son honneur bafoué. La claque infligée par le Hezbollah libanais à Tsahal en 2006 imposait à Israël de prouver au monde entier, et aux Arabes en premier, que son armée était toujours invincible, et surtout que de s'en prendre à Israël est impardonnable et conduit au pire des châtiments. Le Mossad aura traqué pendant 30 années les commanditaires du commando Septembre Noir, les éliminant un par un. Aujourd'hui encore, ils traquent d'anciens SS jusqu'au fin fond de l'Amérique Latine pour les pendre à Tel Aviv. Le Hamas brisant la trêve ne s'attendait pas une réaction aussi violente d'Israël, et l'opinion mondiale sûrement pas à une offensive terrestre. Et pourtant, certains avaient déjà prévu un nettoyage programmé de Gaza. Ces mêmes « mauvaises langues », dont j'ai fait partie, osaient même prévoir qu'Israël ne cesserait pas les hostilités avant d'avoir fini le travail et mis le Hamas à genoux. Le capital sympathie de la population palestinienne a enflé de façon exponentielle, la réprobation mondiale gronde, mais Israël n'en a cure. Les chars Merkva n'arrêteront leur progression qu'au moment où plus aucune roquette ne décollera de Gaza, et ce encore, quel qu'en soit le prix humain.


Le grand jeu dans les débats est actuellement de savoir qui a commencé. Le Hamas qui a brisé la trêve ? Israël qui a maintenu le blocus sur Gaza ? Ou alors l'Histoire a-t-elle commencé il y a 3000 ans ? En 1918, ou bien en 1948 ? Savoir qui a commencé n'a que peu d'importance, après tout, les deux peuples ont droit à cette terre. Les faucons Israéliens et les terroristes du Hamas sont tout deux issus des urnes, est-ce alors réellement le désespoir qui a fait choisir à ces deux peuples la guerre plutôt que les partis de la paix ? Une guerre ne dure pas 60 longues années sans le nécessaire soutien, au moins partiel des peuples, et le soutien total des franges les plus extrêmistes. Autant les gazaouis ont choisi les islamistes du Hamas qui ont pour vocation d'instaurer un califat en Terre de Palestine et de détruire « l'entité sioniste », autant c'est un extrémiste juif, de la branche ultra orthodoxe, qui a assassiné Yitzhak Rabin, et autant les israéliens ont fait le choix d'Ariel Sharon en 2000 et pourraient faire le choix de Netanyahou en Février. La souffrance d'innocents est toujours injuste, mais la punition collective que subit le peuple palestinien, extrêmement violente, découle de la même monstrueuse logique que celle que subissent les frontaliers de la bande de Gaza vivant sous la menace d'une pluie de roquettes. Nous sommes face à deux partis qui se sont jurés une destruction mutuelle. Se détacher des faits est difficile face à ce conflit, mais quelle différence entre un obus Israélien tiré sur une école à Gaza et une roquette tombant sur un kindergarten à Bersheeva ? Qu'aurait donc dit l'opinion internationale, si bien pensante, si ce jardin d'enfant avait été plein à craquer ce jour là ? Comment aurait réagi l'opinion internationale s'il n'y avait eu aucun doute quant à la présence de militants du Hamas tirant au mortier à partir de cette école à Gaza ? Serait-elle tout d'un coup devenue « pro israélienne » ? La prise de parti s'installe naturellement en faveur du plus faible le transformant systématiquement en victime absolue et dé-responsabilisée quant à la situation. Il n'y a qu'à lire les commentaires des internautes sur les sites d'information où toute velléité d'approche rationnelle de la situation, ou simple critique du Hamas en tant que groupe islamiste prônant le recours au terrorisme, passe pour un comportement pro israélien proche du nazisme, conférant ainsi un point godwin bien mérité à une horde de « pro palestiniens » auto proclamés qui ne sauraient pas placer Gaza ni la West Bank sur une carte.


Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'ici prendre parti n'a véritablement aucun sens, sauf si l'on désire faire une gradation dans la souffrance, ce qui est à mon sens le pire travers dans lequel on puisse tomber lorsqu'on prétend vouloir faire preuve d'honnêteté intellectuelle. Le seul parti à défendre, c'est celui de la paix. Mais pour les raisons explicitées plus haut, celui-ci a vocation à perdre la guerre. Plus que jamais, après, il faudra balayer les cendres et tenter de recoller les morceaux afin d'établir une paix durable dans la région. J'ai personnellement assez peu d'espoir, tant que le Moyen Orient sera dominé par des états théocratiques, Israël enfermé dans un sionisme hégémonique, le Liban occupé par l'appendice de la Syrie qu'est le Hezbollah et qui a juré la destruction d'Israël.


Ces précisions qui se veulent tristement réalistes nous conduisent vers une analyse prospective quant aux évolutions du conflit en cours. Quand les frappes aériennes ont commencé sur Gaza, la chasse israélienne a survolé le Sud-Liban a très basse altitude pour échapper à la couverture radar de la FINUL. En effet, la dernière incursion de l'aviation israélienne avait failli finir tragiquement lorsqu'une batterie anti-aérienne française a accroché l'appareil... Cela aurait pu faire désordre, disons-le pudiquement. Ehud Barak ne l'a par ailleurs nullement caché : la frontière avec le Liban a été « sécurisée » à grand renfort de rappels massifs de réservistes. Plusieurs milliers en réalité. Israël est en guerre, et Israël se prépare à une guerre totale de plus grande ampleur. Seul le veto américain a dissuadé le gouvernement Israélien d'aller bombarder les sites nucléaires stratégiques en Iran, mais ces derniers ne se sont pas privés de raser un site Syrien par un raid d'aviation. A terme les objectifs pourraient être de « libérer le Liban », anéantir la Syrie et casser l'élan iranien. Une République Islamique dotée de l'arme nucléaire est le pire cauchemar des Israéliens, leur « capital peur » étant en grande partie assuré par l'ambiguïté que Tsahal laisse planer quant à ses propres capacités nucléaires. Ambiguïté toutefois en partie levée après une monumentale gaffe d'Ehud Olmert en 2006... Les débuts difficiles de la guerre du Kippour avaient conduit par ailleurs à armer des missiles Jericho avec des têtes nucléaires sous l'impulsion de Moshe Dayan, à utiliser en cas d'étouffement numérique.


A cette heure, le 9 janvier 2009 la situation est plus qu'ambigüe. Israël accepte l'idée d'un dialogue sous l'égide de l'Égypte mais poursuit son incursion, l'étendant à Rafah, le gouvernement laissant aux généraux l'entière appréciation de l'opportunité du déclenchement de la troisième phase de l'offensive. Hier matin, des roquettes venant du Liban se sont abattues sur le territoire Israélien provoquant une riposte de Tsahal. Les tirs n'ont pas été revendiqués, ni par le Hamas, ni par le Hezbollah, tous deux niant toute implication. La FINUL est placée en état d'alerte, les troupes des Nations Unies se trouvant entre deux feux. Nations unies qui démontrent une fois de plus à la face du monde leur incapacité totale à imposer la paix, les belligérants ayant tous deux rejeté catégoriquement la résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat. Le gouvernement israélien prend note du refus des États-Unis à poser leur veto à cette résolution mais persiste dans sa volonté de nettoyer Gaza pour « sécuriser » le sud d'Israël. Le plus terrible n'est pas l'obstination israélienne à éliminer les membres des milices palestiniennes proche du trouble obsessionnel compulsif, mais le complaisance de fait de la communauté internationale : tout le monde est au fond bien heureux de voir Tsahal éliminer le Hamas, et la mort des gazaouis est aux yeux des grands pays un prix acceptable pour parvenir à cette fin.

 
Par thinredline
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

  • : "Mangez des pommes"
  • thinredline
  • : Loisirs
  • : Un peu d'actualité ou chroniques sociales fortement politisées, cyniques, partiales, de mauvaise foi, et pas franchement objectives. Juste pour le plaisir de taper là ou ça fait mal.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus